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Zoé Valdès, l'auteur cubaine à Parentis-en-Born

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Zoé Valdès, romancière, poètesse, scénariste, journaliste, essayiste cubaine, exilée en France depuis près de vingt ans, a emporté  les lecteurs de la médiathèque dans un voyage vers son île natale. "La Havane est mon royaume littéraire, elle me fait écrire de manière lyrique, nostalgique" lance-t-elle dès le début de la rencontre, tant son attachement à son pays de naissance est fort et traverse toute son oeuvre littéraire.

 

Dans son dernier roman, "La Havane mon amour", livre qu'elle a préparé pendant de longues années, elle aborde son enfance, son adolescence dans un quartier populaire de la ville. La rue était son terrain de jeu, l'appartement si petit où sa mère dormait  sur un "Bim Bam Boum" ( un clic clac en fait)  accueillait aussi sa grand-mère comédienne, personne qui lui a tout appris. Dans ce livre, elle rend un hommage poignant à cette ville, "qui vous accueille,  qui vous embrasse, une ville femme avec toutes les souffrances qu'elle a vécues et qui est devenue une marâtre méchante". Ce titre est un livre salvateur : écrit après sa séparation, elle se devait d'écrire sur l'amour, mais sur un amour différent, un amour des lieux, des monuments, deshavanais et havanaises , sur la souffrance et la douleur qu'elle ressentait à titre personnel.

 

Zoe Valdes2La culture cubaine, avec sa musique et sa danse est un thème souvent traité dans l'oeuvre de Zoé Valdès, comme dans le livre "la douleur du dollar". Dans ce livre, chaque début de chapitre met en avant des chansons interdites à Cuba depuis 1959 et l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro, chantées par sa mére et sa grand-mère, la bande son de son enfance. Cette culture festive des cubains, cette forme de rebellion, qui les amène "à faire semblant d'être heureux pour s'évader et vivre autrement". Ces mélodies enregistrées avec des artistes cubains ont fait l'objet d'une compilation. Quand on évoque la musique, on pense à la musicalité de son écriture, au  travail sur la langue qu'elle creuse au fil des livres tant en littérature qu'en  poésie  "Une Habanera à Paris". Elle joue avec la langue espagnole, utilisant des métaphores pour nommer ses personnages, inventant des mots nouveaux  comme il est l'usage à Cuba. Elle,  si fine dentellière dans sa langue d'origine, avoue avoir essayer d'écrire en français sans grand succès : "en français, j'écris comme je rêve". 

 

Ecoutez un extrait de la rencontre :


Enregistrement réalisé par Anthony Bacchetta  avec le soutien de la

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La figure de la femme est un autre thème qui parcourt ses livres. Dans plusieurs d'entre eux, le personnage principal est une femme artiste qui vit dans l'ombre de son mari ou amant, ayant vécu en France et qui n'a pas eu la notoriété attendue auprès du public. " La chasseuse d'astres" met en lumière Remedios Varo  une artiste peintre surréaliste  espagnole contemporaine de Dali et Bunuel.Zoe Valdes Dedicace "La femme qui pleure" fait le portrait de Dora Maar, amante et muse de Pablo Picasso qui a marqué par ses conseils et son sens artistique la création du fameux tableau Guernica. Photographet et peintre, elle a accompagné l'artiste dans la réalisation de cette oeuvre, lui conseillant l'usage de 3 couleurs seulement (noir, blanc, gris) permettant selon elle de rendre au mieux les atrocités de la guerre. Zoé Valdès a voulu décrire une femme ambigüe, libre et soumise à la fois, cultivée, délaissée par le peintre, qui terminera sa vie enfermée en service phychiatrique. C'est aussi l'occasion d'aborder l'histoire, histoire de la France et de l'Europe de l'époque et la richesse de sa vie artistique. L'auteur nous avoue travailler actuellement à un prochain roman, sur une autre figure féminine.

 

La fin de la rencontre s'est naturellement orientée sur la situation actuelle de Cuba depuis la mort de Fidel Castro et l'arrivée au pouvoir de son frère Raul. Selon l'auteur, les changements pour le peuple cubain ne sont pas encore visibles, "une dictature en remplace une autre . Le peuple s'appauvrit tandis que les militaires castristes deviennent des capitalistes, créant massivement des commerces aux Etats Unis, à Miami par exemple. La démocratie ne peut s'installer, le peuple ne peut devenir souverain sans le départ de la famille Castro."

 

 

La soirée s'est terminée par une séance de dédicaces en partenariat avec la librairie La Veillée de Biscarrosse et un verre de l'amitié.

 

 

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